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Toul et sa Cathédrale, belle histoire d’une longue restauration !

Ecrit par 20 mars 2009 8 commentaires

Façade gothique flamboyante de la Cathédrale de Toul

Il est un lieu majeur de Lorraine à l’histoire millénaire qui sombra longtemps dans l’oubli…
Ce temps est révolu, grâce à une association de sauvegarde du patrimoine et à la volonté d’une commune de préserver son joyau et son symbole…
Je vais vous parler d’une belle endormie dont le lent réveil est à la hauteur de sa splendeur. Témoin du passé épiscopal d’une ville qu’elle domine majestueusement, elle est également l’exemple d’une restauration remarquable ; je vais vous présenter à la belle Cathédrale Saint-Étienne de Toul !

Véritable résumé  de l’architecture gothique depuis ses prémices jusqu’à la renaissance, l’édifice qui se dresse au dessus de la cité fortifiée par Vauban impressionne toujours par ses proportions. Et pourtant, le pire faillit arriver !

Un bombardement en 1940 détruisit l’intégralité de la charpente ainsi que la partie haute de la tour sud. Une toiture « provisoire » fut construite sur la cathédrale ainsi que sur certaines parties du cloître.  Ce provisoire durera plus de 40 ans ! L’impressionnant travail de sculpture et de restauration de la tour s’échelonna sur une vingtaine d’année. Et les restaurations s’arrêtèrent là !

Faîte du toit et son campanile doré

En 1978, la cathédrale fut définitivement fermée au public pour raisons de sécurité.

L’année suivante fut créée l’association le Pélican afin d’alerter l’opinion publique sur l’état de délabrement de la Cathédrale finalement abandonnée à son triste sort.

C’est grâce à une pétition de l’association qu’une réelle restauration fut étudiée dès 1980 : la cathédrale sortait enfin de l’oubli !

La restauration recommença évidemment par la toiture afin de pérenniser l’édifice.
Il s’agissait là de la première étape d’une longue et coûteuse restauration.

Faîte de la toiture de la Cathédrale

Pour comprendre cet abandon incompréhensible et cette lente renaissance, il est nécessaire d’effectuer un petit rappel historique :
En 1790, l’évêché de Toul fut transféré à Nancy. Depuis lors, le diocèse comporte donc deux cathédrales. L’État considère par contre que la cathédrale de Toul n’est plus qu’une simple église dont la charge incombe à la commune. Or, cette dernière n’a jamais disposé des ressources suffisantes pour assumer seule la restauration d’un tel édifice.

Depuis 1981, les restaurations se succèdent, les plus récentes et spectaculaires restant sans doute la remise en couleurs des arêtes des voutes de la nef et du chœur.

Détail d'une clef de la nef Nef restaurée de la Cathédrale Saint-Étienne de Toul Ogives et arcatures du transept

D’autres restaurations sont attendues, dont celle de la chapelle des Évêques, incroyable édifice renaissance à voute plate (!) dont la structure est unique au monde !!!

Extérieur de la chapelle des ÉvêquesCette restauration reste un défit puisque l’ordonnancement de la voute reste une énigme pour les architectes actuels  !

La cathédrale échappa de peu à une lente agonie.

Fort heureusement, depuis bientôt 30 ans, elle retrouve progressivement sa splendeur.
J’espère que vous prendrez le temps de vous y arrêter un jour et de visiter cet admirable vaisseau de pierre.

Vous trouverez plus d’information sur la page wikipédia dédiée à la Cathédrale Saint-Étienne de Toul.

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8 commentaires »

  • Jean-Marc écrit :

    Je viens de découvrir ce blog … super intéressant …
    Je vais vous mettre dans mes liens
    Si vous souhaitez des photos (dont je suis l’auteur) de lorraine faites moi signe pour vos galeries d’images …
    Bonne soirée

  • Anthony KOENIG écrit :

    Bel article pour un édifice à la hauteur! Apparement ce serait le tour du cloître (le plus vaste cloître gothique de France après celui du Mont-Saint-Michel paraît-il) de se faire une cure jouvence… on attend les travaux avec impatience!

    Et puis Toul c’est un vivier de patrimoine, souvent dans un triste état pour le civil, et il ne manque pas grand chose pour que l’éveil de tous fasse renaître une ville qui pourrait être d’Art et d’Histoire!

    Et il y une superbe enceinte Vauban, Saint-Gengoult… le mieux pour constater tout ça est de monter tout en haut de la cathédrale en été!!! Alors tous à Toul!

  • Apikia écrit :

    La façade est magnifique, c’est une cathédrale intimiste car la place devant est toute petite, mais elle renferme effectivement de nombreux trésors…( comme François, j’ai un faible pour la « chapelle des Evêques ».)
    Si vous avez l’occasion de participer à une visite guidée ou de monter découvrir le campanile récemment restauré, vous ne serez pas déçu…et cherchez le Pélican !

  • François (auteur du billet) écrit :

    Je n’ai pas précisé que les magnifiques stalles classiques du chœur venaient également d’être restaurées.
    Concernant les montées à la tour Sud (durant l’été), le panorama est magnifique et permet également d’y admirer les détails de la façade qui semblent si petits vus du sols et font tout de même plus d’un mètre !

  • François (auteur du billet) écrit :

    La restauration du cloître est très avancée !
    Prochaine étape et pas des moindres : la chapelle des évêques.

  • Yves écrit :

    Bonjour!

    Il semblerait que François, l’auteur du billet ne connait pas vraiment l’historique de la restauration de la Cathèdrale de TOUL, en fait ex-cathédrale puisque le siège épiscopal est à Nancy depuis bien longtemps.
    Permettez-moi d’apporter un témoignage un peu plus objectif sur la teneur des restaurations effectuées sur l’ ex-cathédrale Saint-Etienne de Toul. entre 1948 et 1973., période négligemment occultée, et qui mérite d’être mise en lumière.
    Globalement sur différents sites traitant de la cathédrale, on constate un grand vide entre 1940 et 1980, comme si tout d’un coup, la vague de restaurations avait démarré (et semble-t-il grâce à l’Association Le Pélican et à la Ville.
    Mon père, Dominique Bortoluzzi, ( ce nom dit sans doute quelque chose aux survivants de l’époque) Maître-Sculpteur a œuvré en toute modestie et professionnalisme pendant 25 ans à la tête de l’équipe de compagnons tailleurs de pierre, maçons, appareilleurs qui ont sous la Direction des Monuments Historiques et de l’entreprise Hory, relevé de ses ruines la tour sud, la rosace, toute la partie comprise entre les 2 tours côté toit, remanié les trois premières travées de la voûte au-dessus des orgues, dont il a également sculpté la tribune et sa balustrade. Il a aussi restauré et mis en place dans le transept sud le magnifique rétable qui croupissait dans la chapelle adjacente!
    Demandez donc à Daniel Steinbach par exemple ce qu’il pense de cette période, qu’il a vécue avec moi!
    Merci de rétablir la vérité!!!
    A votre disposition pour témoigner davantage

  • François (auteur du billet) écrit :

    Yves, merci de vos précisions. Cet article n’a pas pour but d’occulter les restaurations entreprises après guerre mais d’insister sur la lenteur des restaurations sur la cathédrale, et je ne prétend pas avoir écrit un article exhaustif à ce sujet et ne peut donc pas non plus citer tous les intervenants du chantier. Mon but est de permettre à tout le monde de redécouvrir ce joyau gothique, quelque peu oublié, qu’est la Cathédrale Saint-Étienne.
    Comme vous l’indiquez la période de l’après-guerre jusqu’aux années 1970 a consisté en la restauration des parties les plus endommagées par la seconde guerre mondiale, malheureusement la lenteur a confiné la cathédrale à l’oubli. Tant de villes ont pu restaurer plus rapidement leur cathédrale ; Toul n’a pas eut cette chance.
    C’est tout simplement ceci que je dénonce, le fait que les dommages de guerre auraient dû permettre une restauration totale de l’édifice en 25 années, et pas bientôt près de 70 années !

  • Serge écrit :

    Je découvre tardivement l’article concernant la restauration de la cathédrale et un fois de plus constate que seuls les travaux de la toiture retiennent l’attention. L’essentiel de la restauration est pourtant la partie concernant la maçonnerie et la taille de pierre qui a duré 24 ans et nécessité l’emploi de 3000 m3 de pierre dont 300 dans la grande rose. Passer sous silence cette période est révoltant . Il faut penser aux générations futures et ne pas confisquer des éléments importants de l’histoire.
    Je ne manque jamais de rendre visite à la cathédrale à chaque fois que je sors de ma Franche-Comté d’adoption; jamais les travaux réalisés par mon maître et ami Dominique Bortoluzzi ( je lui dois d’être devenu tailleur de pierre) ne sont mentionnés.
    A chaque fois je repars ulcéré.
    A l’énumération des différents travaux faite par mon camarade Yves, j’ajouterai la taille d’une vingtaine de gargouilles qui rien qu’à elles seules méritent de l’intérêt.
    Quant à la chapelle des évêques, il est bien de la mentionner, mais je trouve que pour rester crédible il ne faut pas exagérer outre-mesure la difficulté de sa conception à la portée de tout bon appareilleur.
    Merci Yves pour avoir sorti de l’ombre cette période de restauration.

    Serge, maître-maçon tailleur de pierre.

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