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La Rhyolite et les Moulins à grain de La Salle (Vosges)

Ecrit par 6 septembre 2013 2 commentaires

L’ouvrage que Charles CHARTON écrivit en 1862 porte ce titre alléchant pour qui est curieux de se replonger dans le passé pour mieux comprendre le présent : Les Vosges pittoresques et historiques. À la page 242, il consacre un paragraphe au village de La Salle, localité située sur l’actuelle route départementale 32 entre Saint-Dié-des-Vosges et Rambervillers par le col du Haut-du-Bois, via Saint-Michel-sur-Meurthe.

« La Salle possède l’ancienne carrière des Fossottes, qui embrassait une surface de 30 hectares et que les défrichements ont dépouillée de ses chênes séculaires. Cette carrière, qu’on exploitait encore au sixième siècle, était bien connue des Romains, qui fabriquaient avec ses pierres leurs quadrinœ molœ, leurs moulins à bras à quatre meules, et qui s’y rendaient par un embranchement de la voie de Langres à Strasbourg, dont les vestiges ne sont pas entièrement effacés. »

Récemment, la commune de La Salle a aménagé un circuit pédestre qui a pour vocation de faire revivre ces lieux en les ouvrant aux promeneurs, lesquels sont invités à se documenter sur nombre de ressources offertes par ce « sentier des Fossottes ».


Plan du site 

Venant de Saint-Michel-sur-Meurthe, prendre dans le village la première rue à droite (vers Saint-Rémy), puis encore à droite (le sentier est fléché). Parvenant à une placette où l’on peut stationner, on prend connaissance du tracé de ce sentier, lequel débute à environ 300 mètres après cette placette. Attention, l’indication du sentier comporte une flèche double : prendre à droite à la hauteur d’une barrière de bois et se laisser conduire.

Prendre à DROITE et passer la barrière …

De nombreux panneaux informatifs jalonnent l’itinéraire. Le premier s’intéresse aux restes, encore visibles, d’une installation industrielle, une forge utilisant l’eau de la Valdange pour la force motrice (il reste le canal d’amenée) et les arbres de la forêt comme combustible (d’où les défrichements signalés).

Scierie sur la Valdange

À très peu de distance, un autre panneau s’intéresse à la flore locale présente sur le site archéologique. Puis l’on franchit le ruisseau La Valdange sur un ponceau précédé d’un nouveau panneau consacré aux essences « ripicoles » (de bord de l’eau). La ripisylve est riche de variétés adaptées à l’environnement.

Il suffit de passer le pont …

Puis on entre dans le vif du sujet : la pierre extraite, la rhyolite, venait de petites « fosses » (d’où le terme de « Fossottes ») creusées afin de pouvoir accéder à cette roche magmatique volcanique, riche en silice. Une carrière où l’extraction se faisait à une autre échelle se situe quasiment en fin de parcours. La ruine d’une bâtisse donne une idée de l’utilisation de la rhyolite dans la construction. Les panneaux se multiplient, qui donnent à comprendre les techniques de façonnage de la pierre, ses utilisations et la diffusion géographique des meules issues du site de La Salle (divers articles accessibles depuis votre moteur de recherche en demandant : « Fossottes La Salle » donnent des informations fort riches). Les Gaulois utilisaient ces meules, et, avant eux des occupants plus anciens les utilisaient déjà. Divers « types » de meules ont été produits ici. De la meule concave avec pierre roulée à la surface, jusqu’aux moulins à grains plus sophistiqués, mus à bras et tournant autour d’un axe. Contrairement à ce qu’écrivait Charton, les Romains semblent avoir imposé le basalte, constitutifs de leurs propres meules, en délaissant la production locale. C’étaient eux les vainqueurs …

Meule de type « égyptien »

Meule de type « gaulois »

Au milieu du siècle dernier, la carrière a été remise en état et a permis la construction (ou la reconstruction) de nombreuses maisons dans ce secteur géographique. En témoigne la maison se situant juste en face de l’amorce du chemin d’accès au site, mais un crépi en dissimule les matériaux. Ou encore la ruine à proximité de la carrière.

L’essentiel du sentier des Fossottes se situe en sous-bois, ce qui est bien agréable par temps caniculaire. La distance à parcourir (environ 1200 mètres) fait de ce sentier une sortie familiale et la variété des centres d’intérêt ne peut que captiver grands et petits.

Par ailleurs, le musée de la ville de Saint-Dié-des-Vosges présente quelques unes de ces meules destinées à moudre le grain. La visite au musée ne fait pas double emploi avec le cheminement sur le sentier de La Salle mais le complète admirablement …

Bonne visite archéologique à tous !

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2 commentaires »

  • jc écrit :

    Bel article qui permet de connaître un domaine sans doute méconnu à beaucoup d’entre nous.
    Il est possible en effet d’aller un peu plus loin dans la recherche si on le souhaite:
    - carte de Cassini du lieu,
    - article d’ Auguste Digot qui cite cette carrière en 1848 dans un article portant sur « l’état de la population et de la culture dans les Vosges au commencement du 7ème siècle » page 671,
    – article de Triboulot ci-après:
    http://www.als.uhp-nancy.fr/pv/2009/Triboulot(15-01-09).pdf

    merci pour ces infos.

  • Jérémy écrit :

    Bonjour,

    Pour Charles CARTON et le village de La Salle, c’est page 229.

    Cordialement

    Jérémy
    http://sentiersdhistoires.blogspot.fr/

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